26 janvier 2008
Pétition nationale
A l'initiative des
étudiants mobilisés de l'Université Paul Valéry à Montpellier une
pétition nationale contre la répression des mouvements sociaux a été
crée.
Voici le texte de la pétition :
PÉTITION NATIONALE CONTRE LA RÉPRESSION DES MOUVEMENTS SOCIAUX.
Nous,
étudiants, enseignants, personnels des universités, employés, chômeurs,
fonctionnaires et autres citoyens de la République Française refusons
le recours aux forces de l'ordre en réponse aux mouvements sociaux. De
plus en plus l'usage de la force devient l'unique réponse de toute
manifestation pacifique, nous refusons cet état de fait. La répression
n'est pas une réponse aux inquiétudes de la population. Nous demandons
l'arrêt immédiat de toute forme de répression envers les mouvements
sociaux. Nous demandons l'arrêt des poursuites contre les personnes
interpellées pendant les mouvements sociaux et la démission de
l'ensemble des présidents des universités ayant favorisé la répression
du mouvement social contre la loi LRU.
L'Etat est constitué par sa population, refusons d'être l'instrument d'un état répressif où la contestation est systématiquement condamnée.
Vous pouvez signer la pétition directement en envoyant vos coordonnées à cette adresse : stop.repression@gmail.com
Pour signer la pétition envoyez :
- Nom
- Prénom
- Domiciliation
- Statut (Emploi)
- Filière
Montpell
14 décembre 2007
Réjouissez-vous ce n'est pas encore comme ça...
Alice Verstraeten enseigne à l'université de Lyon II.
Bonjour à tous, Ma fac (Lyon II) s'enfonce tous les jours un peu plus
dans le mépris des étudiants et dans un logique policière qui
m'inquiète profondément., Les médias ne nous suivent pas, ne
relayent rien, s'auto censurent ou se font censurer., Tout a commencé avec la
Loi Pécresse de réforme des Universités, signée dans la précipitation
cet été par le président de la fac, Monsieur Journès.Certains
étudiants et enseignants s'opposent à cette loi., Les étudiants ont
choisi le blocage de l'Université comme mode d'action. On peut être
pour ou contre, je ne suis pas sûre que ce choix ai rendu service aux
manifestants et à leur image mais aujourd'hui, à la limite, peu
importe. On a, pour l'instant, dépassé ce débat., Depuis quelques
jours, le président de l'Université a fait appel aux "forces de
l'ordre": des vigiles privés, très jeunes, non asermentés,
arrogants et dépassés par les événements, patrouillent dans la fac avec au
bras un brassard orange marqué "sécurité". Ils apostrophent tout le monde,
tutoient tout le monde, et nous demandent de justifier de notre
présence dans l'Université en montrant notre carte "cumul" (une carte
magnétique d'étudiant ou d'enseignant qui sert aussi de carte de
bibliothèque et de carte... de paiement dans l'enceinte de la fac... ce
qui, en soit, ne me plaît déjà pas beaucoup)., Il semble bon de
rappeler qu'une Université est, selon la loi, un "établissement
public à vocation scientifique et culturelle"..., Les étudiants qui
manifestaient scandaient à l'encontre des vigiles, hier matin:
"Voyous, racailles." Car certains d'entre eux s'amusent à retenir les
étudiantes pour les draguer, d'autres en sont venus aux mains avec des
étudiants de leur âge, une étudiante a été "étranglée" avec son
écharpe pour qu'elle dégage un passage., A l'entrée principale du
campus de Bron, et rue Chevreul sur lle campus des quais du Rhône,
dès 7h30 le matin, tous les jours, les CRS arrivent pour déloger les
étudiants qui protestent. 9 cars de CRS devant le campus de Bron,
9cars de CRS devant le campus des quais de Rhône. Ils
sont, régulièrement, soutenus par la gendarmerie mobile. J'étais là, hier
matin. Deux de mes étudiantes m'avaient dit avoir été "molestées" par
les CRS la veille et voulaient que j'en sois témoin. Eh bien oui,
ils les plaquent au sol, les jettent plus loin, les matraquent dans le
ventre et sur la tête., Sur les quais, hier, deux leaders syndicaux
étudiants (un de Lyon 2, l'autre de Lyon 3) ont été désignés du doigt
par des policiers en civil avant d'être poursuivis dans une rue
adjacente par les CRS. Ce qui signifie, nous sommes d'accord, qu'un
travail préalable "d'information" a été effectué et que ces
arrestations sont ciblées pour détruire les mouvements syndicaux.
Les deux hommes sont en garde-à-vue et devraient être déférés à la Justice
aujourd'hui même (donc: il existe désormais des comparutions
immédiates pour les manifestants, vous serez prévenus). Dans un communiqué
odieux et mensonger, la présidence de la fac dit qu'ils sont "extérieurs à
l'Université" et que ces arrestations sont survenues après des
troubles. Il n'y a pas eu de troubles autres que la manifestation
pacifique, nous sommes plusieurs enseigants à en être témoins. Un
étudiant a été blessé et, une fois aux Urgences, a hérité de douze
points de suture sur le crâne. Des étudiants ont été mis en joue au
flashball. Des policiers en civils sont toujours là, dont un homme
sur mon campus: de "type méditerrannéen", il porte une grosse
doudoune noire, un talkie walkie dans une poche, un appareil photo dans
l'autre. Lui et ses camarades filment longuement les manifestants.
S'ils ont effectivement été convoqués par le président de l'Université
dans le seul but de permettre aux étudiants qui veulent suivre les
cours d'entrer dans la fac, pourquoi filment-ils? Doit-on ajouter la
DGSE à la liste des membres du personnel de l'université? De notre
côté, enseignants ou étudiants, ils nous empêchent un maximum de
filmer. Ce qui siginifie que les images disponibles sur youtube et sur
dailymotion ne sont pas à la hauteur de la réalité. Face à cette
situation, plusieurs enseignants, dont je suis, ont refusé de faire
cours. Je refuse d'entrer dans une fac investie de forces de police, de
gendarmerie et de vigiles privés non asermentés. Je refuse de
montrer des papiers d'identité pour me rendre sur mon lieu de travail.
Je refuse de me faire bousculer par des CRS. Je refuse de me faire
tutoyer avec mépris par des individus que je ne connais pas. Je refuse
d'entendre un vigile insulter un de mes collègues (pourtant munis du
sac en cuir typique de l'enseignant, pourtant plus honorable que moi
dans l'allure avec ses cheveux blancs) en lui disant "J'vais t'fumer
toi, j'vais t'fumer.", Nous ne sommes pas, que je sache, dans un
état policier. Ou alors il faut nous le dire clairement, parce que cela
signifie que les règles du jeu ont changé. Je croyais que l'on avait le
droit de grève dans notre pays. Je crois que ce qui m'inquiète le
plus, c'est de recevoir des communiqués de la Présidence affirmant que
la situation est désormais "normale".
SI CETTE SITUATION EST NORMALE, JE DÉMISSIONNE!
D'autre part, pour permettre l'action des ces policiers, militaires et vigiles,
toutes les sorties de sécurité sont bloquées. Certains enseignants et
étudiants s'obstinent à faire cours dans une ambiance délétère et dangereuse.
Ce qu'ils risquent purement et simplement, en cas d'incendie, c'est de
brûler vifs dans des locaux qui sont déjà vétustes. Je joins à ce message la "Lettre
ouverte à la présidence de Lyon 2" rédigée par des enseignants (datée
d'avant hier 5 décembre et déjà dépassée par les événements d'hier),
ainsi que le dernier message de la présidence elle-même (Nous n'avons pas pu le reproduire), pour que
vous puissiez juger vous-même de la mauvaise foi, du mépris et des ronds
de jambe du langage qui se banalisent dans notre environnement politique
et médiatique.
Ce message est, bien sûr, à faire passer si vous en ressentez le besoin.
Alice Verstraeten
07 décembre 2007
MERCI PRéSIDENT...
Votre désinformation a réussi!
A ceux qui se disent "mais non, tout pouvoir au président n'est pas dangereux!" Voyez-vous même et ça ne fera que s'accentuer...
"C'est la faute au bloqueurs!"... Et si on parlait des petites manigances de chacun, des discours politiques qui assurent une chose et découlent sur des actes contradictoires qui pourtant allaient dans ce sens selon le sophiste, des stratégies qui visent à avorter un mouvement à peine engendré (la mobilisation des professeurs, les réponses concrètes et concertées quant à une situation plus que particulière que nous allions trouver dans les plus brefs délais), à étouffer un mouvement qui ne s'essouffle de lui même (directive nationale: "s'ils ne s'entretuent pas, laissez-les se fatiguer! prônez la peur, n'importe laquelle du moment qu'ils arrêtent de brailler! Bon, et puis si vous en avez marre, fermez-la votre fac, vu à quoi elle sert _ formez les esprits? NON! le fric ça ne vient pas de là mais de l'absence de réflexion; Pensez au patron, la loi du marché, la croissance,la concurrence, la rentabilité, le pouvoir qu'il ne faut jamais céder...")
Et si on parlait des Examens? Eux Tout, Eux permettant Tout, permettant de gagner des sous... Et de fermer notre gueule!
Ah! réforme quand tu nous tiens...
LMD chérie, calendrier maudit!
23 novembre 2007
On a toujours raison de se révolter!
Mardi 13 Novembre, vers 20 heures 30, suite à une manifestation dans
l'après-midi, nous Mathilde Barthélemy et Antoine Bureau avons été arrêtés
par les policiers de la Brigade anti-criminalité (BAC). Deux policiers
déguisés en civil, sans brassard ni autre signe distinctif, nous ont appréhendés
violemment dans la rue alors que nous montions dans notre véhicule.
Pendant qu'un des policiers me menottait, une autre notifiait à Mathilde
de ne pas bouger. J'ai tenté à ce moment de signaler de vive-voix aux passants mon
arrestation avant d'être étranglé, aveuglé et insulté par le policier.
Pendant ces quelques secondes, Mathilde a souhaité elle aussi signaler mon
interpellation en disant: « À l'arrestation! » La policière a rétorqué: « Ta
gueule salope! », elle l'a giflée, étranglée puis ceinturée pour la menotter sur
la voiture de police. Des étudiants alertés sont arrivés sur les lieux des
interpellations en criant « Police partout! Justice nulle part! »
Sorti de la voiture tiré par mon écharpe, le policier m'a projeté contre le
chambranle de la porte d'entrée du commissariat en me disant: « T'es con,
c'est tout neuf! » Ensuite j'ai traversé le couloir entre les policiers en tenue
anti-émeute qui lançaient à leur collègue: « Il n'est pas assez abîmé »
Derrière leur casque ils lancent un « Libérez nos camarades » en rigolant et en
frappant sur leur bouclier avec leur matraque. Celui qui me traîne dit aux autres
que je pue. Un gradé en cravate renchérit: « Qui pue à l'extérieur pue à
l'intérieur. »
Dehors, six cars de CRS stationnent. Ils ''maintiendront l'ordre'' lors
d'un rassemblement de solidarité quelques minutes plus tard.
Moi, Mathilde, suis arrivée peu de temps après Antoine au poste. Je suis
sortie de la voiture et me suis faite pousser en avant par la policière de la BAC
qui me disait: « T'avais qu'à pas l'ouvrir ». Les policiers en tenue
anti-émeute qui se tenaient devant l'entrée du commissariat ont lancé à mon passage « Reste
mignonne ». Je suis ainsi entrée, remarquant au passage Antoine qui était
humilié verbalement dans la salle d'alcootest. La policière m'a entraînée
jusqu'à une cellule d'isolement pour me faire déshabiller et procéder à ma
fouille. Une fois cela fait, elle m'a mise en cellule de garde-à-vue.
Les conditions de garde-à-vue
La cellule fait environ 3 mètres sur 2. Nous avons été respectivement
trois au maximum dans cette surface de misère. Il n'y fait ni jour, ni nuit. En
permanence, un spot éclaire la cellule sous l'oeil d'une caméra. Les murs
sont maculés de traces de sang, de merde, de pisse et de vomi. L'odeur est à la
limite du soutenable. Quand il y en a, les couvertures qui puent couvrent à
peine du froid et des courants d'air. Le manque d'hygiène des toilettes est
insupportable.
C'est un lieu d'humiliations et de violences concentrées dans les cris, les
coups de matraques et ceux qui frappent contre les portes. Une jeune femme
enceinte de 7 mois et demi restera dans ces conditions toute la journée de
mercredi à nos côtés.
Après une audition dans la nuit, je suis sortie au bout de 20 heures de
garde-à-vue avec une convocation au tribunal correctionnel de Tours pour le 9
Avril 2008 à 9 heure. On m'inculpe de rébellion avec violences, alors que
c'est moi qui les ai subies.
Quand à moi (Antoine), ma garde-à-vue à été prolongée à 20 heure le mercredi
soir. Depuis 24 heures, je suis inculpé de violences volontaires sur un
officier de police lors de la manifestation de la veille. J'ai été auditionné à 4
reprises, dont 2 fois au cours de la nuit. La prolongation a été totalement
arbitraire et visait uniquement à continuer la répression d'un militant
politique. Les enquêteurs se sont acharnés à me mettre en examen. Ils ont été
jusqu'à faire appel à la police scientifique pour scanner les semelles de mes
chaussures pour prouver qu'elles avaient bien piétiné l'uniforme de la
''victime''. Sans résultat.. Je suis sorti le lendemain midi, après 39
heures au trou, sans convocation devant la justice... Malgré tout, le procureur peut
donner des suites judiciaires à tout moment. Je reste sous sa menace, bien
qu'en 39 heures il n'a pu déterminer aucune charge.
Au cours de notre garde-à-vue, la police a annoncé que Mathilde était
libre. C'était faux, et pourtant certains syndicats ont répandu la fausse
information.
De la même manière, les journalistes de La Nouvelle République ont annoncé
notre libération alors que l'un de nous restait encore en cellule.
Les journalistes sont la voix de la Police, nous dénonçons cette collusion!
Nous dénonçons la violence policière !
Nous dénonçons fermement ces conditions de détentions indignes!
Nous exigeons l'arrêt des interpellations des militantes et des militants politiques!
Nous dénonçons la criminalisation des mouvements sociaux. Face à la répression
sociale, nous appelons à une riposte politique.
Nous exigeons l'arrêt immédiat des poursuites contre Mathilde! Nous appelons,
dans le cas où la justice tienne la barre, à un rassemblement de soutien à
Mathilde le 9 Avril 2008 dès 8 heure 30 devant le Palais de Justice de
Tours.
En solidarité, nous appelons à signer la pétition en notre soutien.
Quand manifester est devenu un délit, se révolter contre l'État policier est
devenu un droit, et un devoir essentiel.
Tours, le 17 Novembre 2007
Mathilde Barthélemy et Antoine Bureau.