28 décembre 2007
RENCONTRE–DÉBAT
LE JEUDI 10 JANVIER – 17H – Amphi 1 Bât B
RENCONTRE–DÉBAT
présentée par Giorgio Passerone
POLITIQUE DE L’ACTE DE CRÉATION
une constellation de textes et d’images d’après l’Abécédaire
de Gilles Deleuze.
17 décembre 2007
Le blocage est reconduit
Le blocage est reconduit! (vous pouvez apporter des précisions quant au nombres de voix dans les commentaires)
A savoir que l'administration s'est engagé à ce que la semaine soit banalisée: elle assure que les examens (contrôle continus ou terminaux) n'auront pas lieux et que le calendrier sera aménagé en fonction (une semaine de plus + le calendrier décalé).
PROCHAINE AG LE JEUDI 20 DÉCEMBRE à 10h30
15 décembre 2007
Réaction du collectif Sauvons l'université de Lille 3 sur l'intervention des CRS
Source http://slu.lille3.free.fr/
Communiqué du 14 décembre 2007 à midi.
Nous condamnons l'appel injustifié aux forces de l'ordre en violation de la tradition de franchise universitaire, appel qui ne peut qu'exacerber les tensions au sein de l'université.
Nous constatons que des violences gratuites ont été perpétrées sur des étudiants et des enseignants, hier et ce matin même.
Nous exigeons le départ immédiat et sans condition des forces de l'ordre présentes sur le campus.
Tant que les forces de l'ordre sont présentes, nous appelons les collègues à exercer leur droit de retrait (ce qui signifie en particulier pour les enseignants le droit de ne pas faire cours), compte tenu de l'impossibilité de remplir nos missions dans ces conditions.
Nous appelons à l'organisation d'un débat avec l'ensemble des personnels sur la loi LRU et la politique de l'enseignement supérieur en France, suivi d'un vote. Nous invitons tous les collègues conscients des dangers de la loi à mener avec nous des actions en concertation avec les mouvements nationaux, pour sensibiliser l'opinion publique et ouvrir ce débat.
Si vous voulez des renseignement sur ce qui s'est passé hier à Lille3, n'hésitez à vous rendre sur Indymédia.
A savoir, le conseil d'administration qui devait voter le budget s'est transformé en AG décisionnelle: vote à l'unanimité moins Mr Dupas qui ne s'est pas prononcé pour le renvoi des forces de l'ordre immédiatement et sans conditions!
Après nous avoir fait croire que les CRS allaient nous délogés, il les a finallement fait partir.
Une AG a eu lieu dans l'après-midi où nous avons appris que le président s'engagerait à respecter les décisions et le vote de la prochaine AG: Lundi 10H30 Amphi A et ne de pas faire tenir de cours si le blocage serait maintenu. Dans tout les cas, il s'engage à ce que les contrôle continus n'aient pas lieu la dernière semaine mais après les vacances en décalant le calendrier universitaire d'une semaine. Il s'engage enfin à faire revenir progressivement les étudiants et les professeurs sur une semaine afin qu'ils reprennent contact, en usant de tous les moyens dont il dispose mais pas dans la précipitation, afin que tous soient prévenus!
N'hésitez à lire ses communiqués très croustillants!
A savoir, les modifications du calendrier universitaire et des dates de rentrée des notes n'appartient qu'au bon vouloir de l'université! Vous en avez enfin la preuve...
Venez nombreux vous exprimez sur les moyens d'actions pour obtenir l'abrogation voire la non application de la LRU en toute connaissance de cause!
LUNDI 17 DECEMBRE 10h00 AMPHI EDF (A)
MARDI 18 DECEMBRE A 14H30 AMPHI A
grand débat de fond sur l'avenir de l'université et sur les enjeux de la LRU
Avec la participation d'enseignants-chercheurs, du collectif "Sauvons L'Université", du secrétaire général du SNESUP (le débat suivra sa conférence prévue à 12h00) et d'autres intervenants de la communauté universitaire
Venez vous faire votre opinion par vous même!!!
Interview d'Alain Badiou au Nouvel'Obs
Alain Badiou
Né en 1937, Alain Badiou est l'un
des plus grands noms de la philosophie mondiale. Enseignant à l'ENS de
la rue d'Ulm, il est l'auteur de classiques comme «Théorie du sujet» ou
«l'Etre et l'Evénement».
Nouvel
Observateur. - Vous allez jusqu'à opérer une analogie entre sarkozysme
et pétainisme. Qu'est-ce qui permet, selon vous, ce rapprochement
historique pour le moins audacieux ?
A.
Badiou. - Il n'y a pas de ressemblance au sens strict, mais un esprit
commun. J'appelle «pétainisme» une forme particulière de la réaction
française, qui existe au fond depuis 1815. Premier trait : présenter une politique capitularde comme une régénération nationale.
La «rupture», c'est quoi ? Le démantèlement des acquis sociaux, le fait
que les riches paient moins d'impôts, qu'on privatise de façon rampante
l'université, qu'on donne les coudées franches aux affairistes. Cette façon de déguiser une soumission au capitalisme mondialisé en révolution nationale relève en soi du «pétainisme»,
au sens formel. Deuxième trait : une répression administrative très
dure, visant des groupes tenus pour étrangers à la société «normale».
Il ne faut tout de même pas oublier que la dernière élection s'est
gagnée sur la capacité à capter les électeurs du FN. Créer des
suspects, les Africains, ou les musulmans, ou les jeunes des banlieues,
figures nébuleuses à réprimer et à surveiller, est une activité
essentielle du nouveau pouvoir, loin d'être seulement son ornement
extérieur.
N. O. - Vous
évoquez aussi un retour à l'esprit du XIX«siècle, décrivant des
capitalistes décomplexés, animés par l'idée que les pauvres sont des
paresseux, les Africains, des arriérés....
A..
Badiou. - Il s'agit d'un phénomène mondial, pas simplement français..
La cause majeure, c'est bien sûr l'effondrement provisoire de
l'hypothèse communiste. Tant que celle-ci vivait, les dominants étaient
obligés de négocier âprement leur pouvoir, parce qu'une autre voie
existait, et qu'une conviction populaire et intellectuelle la soutenait
massivement. Maintenant, la bourgeoisie est dans le lâche soulagement :
l'«idée» est discréditée, les Etats communistes sont eux-mêmes devenus
capitalistes. Le capitalisme peut à nouveau se présenter comme la
solution indépassable, et l'argent être réintroduit comme valeur. Sarkozy est l'homme de tout
ça. L'«homme de la situation». Au fond, c'est le premier vrai poststalinien français. (Rires.)
N.
O. - Autre marqueur idéologique du sarkozysme : le ralliement à un
système américain pourtant lui-même largement décomposé... Comment
l'interprétez-vous ?
A.
Badiou. - Je pense qu'il était extrêmement important pour Sarkozy de
montrer rapidement que le gaullisme était mort. D'où son positionnement
rapide en chouchou de Bush. Mes amis américains sont horrifiés, à vrai
dire. La France reste un mythe là-bas. Ce que vous ne comprenez pas,
leur dis-je, c'est à quel point la France est profondément réactionnaire en ses tréfonds. Le Front populaire a tout de même débouché sur Pétain. Mai-68, sur une Chambre des Députés bleu horizon. Si vous la prenez dans sa masse, elle est assez horrible, la France. Attention, c'est un patriote français qui dit ça. Quelqu'un de très attaché a ce
pays.
N. O. - C'est-à-dire ?
A.
Badiou. - Deux choses m'y rattachent profondément. La grande tradition
du rationalisme français bien sûr, de Descartes à Lacan, en passant par
les Lumières.. Et puis, une poignée de gens, dont la Résistance offre
l'image absolue. Au bout du compte, la France a toujours été sauvée par les acrobaties d'un tout petit nombre. C'est sur celui-ci qu'on doit continuer à miser.
14 décembre 2007
Réjouissez-vous ce n'est pas encore comme ça...
Alice Verstraeten enseigne à l'université de Lyon II.
Bonjour à tous, Ma fac (Lyon II) s'enfonce tous les jours un peu plus
dans le mépris des étudiants et dans un logique policière qui
m'inquiète profondément., Les médias ne nous suivent pas, ne
relayent rien, s'auto censurent ou se font censurer., Tout a commencé avec la
Loi Pécresse de réforme des Universités, signée dans la précipitation
cet été par le président de la fac, Monsieur Journès.Certains
étudiants et enseignants s'opposent à cette loi., Les étudiants ont
choisi le blocage de l'Université comme mode d'action. On peut être
pour ou contre, je ne suis pas sûre que ce choix ai rendu service aux
manifestants et à leur image mais aujourd'hui, à la limite, peu
importe. On a, pour l'instant, dépassé ce débat., Depuis quelques
jours, le président de l'Université a fait appel aux "forces de
l'ordre": des vigiles privés, très jeunes, non asermentés,
arrogants et dépassés par les événements, patrouillent dans la fac avec au
bras un brassard orange marqué "sécurité". Ils apostrophent tout le monde,
tutoient tout le monde, et nous demandent de justifier de notre
présence dans l'Université en montrant notre carte "cumul" (une carte
magnétique d'étudiant ou d'enseignant qui sert aussi de carte de
bibliothèque et de carte... de paiement dans l'enceinte de la fac... ce
qui, en soit, ne me plaît déjà pas beaucoup)., Il semble bon de
rappeler qu'une Université est, selon la loi, un "établissement
public à vocation scientifique et culturelle"..., Les étudiants qui
manifestaient scandaient à l'encontre des vigiles, hier matin:
"Voyous, racailles." Car certains d'entre eux s'amusent à retenir les
étudiantes pour les draguer, d'autres en sont venus aux mains avec des
étudiants de leur âge, une étudiante a été "étranglée" avec son
écharpe pour qu'elle dégage un passage., A l'entrée principale du
campus de Bron, et rue Chevreul sur lle campus des quais du Rhône,
dès 7h30 le matin, tous les jours, les CRS arrivent pour déloger les
étudiants qui protestent. 9 cars de CRS devant le campus de Bron,
9cars de CRS devant le campus des quais de Rhône. Ils
sont, régulièrement, soutenus par la gendarmerie mobile. J'étais là, hier
matin. Deux de mes étudiantes m'avaient dit avoir été "molestées" par
les CRS la veille et voulaient que j'en sois témoin. Eh bien oui,
ils les plaquent au sol, les jettent plus loin, les matraquent dans le
ventre et sur la tête., Sur les quais, hier, deux leaders syndicaux
étudiants (un de Lyon 2, l'autre de Lyon 3) ont été désignés du doigt
par des policiers en civil avant d'être poursuivis dans une rue
adjacente par les CRS. Ce qui signifie, nous sommes d'accord, qu'un
travail préalable "d'information" a été effectué et que ces
arrestations sont ciblées pour détruire les mouvements syndicaux.
Les deux hommes sont en garde-à-vue et devraient être déférés à la Justice
aujourd'hui même (donc: il existe désormais des comparutions
immédiates pour les manifestants, vous serez prévenus). Dans un communiqué
odieux et mensonger, la présidence de la fac dit qu'ils sont "extérieurs à
l'Université" et que ces arrestations sont survenues après des
troubles. Il n'y a pas eu de troubles autres que la manifestation
pacifique, nous sommes plusieurs enseigants à en être témoins. Un
étudiant a été blessé et, une fois aux Urgences, a hérité de douze
points de suture sur le crâne. Des étudiants ont été mis en joue au
flashball. Des policiers en civils sont toujours là, dont un homme
sur mon campus: de "type méditerrannéen", il porte une grosse
doudoune noire, un talkie walkie dans une poche, un appareil photo dans
l'autre. Lui et ses camarades filment longuement les manifestants.
S'ils ont effectivement été convoqués par le président de l'Université
dans le seul but de permettre aux étudiants qui veulent suivre les
cours d'entrer dans la fac, pourquoi filment-ils? Doit-on ajouter la
DGSE à la liste des membres du personnel de l'université? De notre
côté, enseignants ou étudiants, ils nous empêchent un maximum de
filmer. Ce qui siginifie que les images disponibles sur youtube et sur
dailymotion ne sont pas à la hauteur de la réalité. Face à cette
situation, plusieurs enseignants, dont je suis, ont refusé de faire
cours. Je refuse d'entrer dans une fac investie de forces de police, de
gendarmerie et de vigiles privés non asermentés. Je refuse de
montrer des papiers d'identité pour me rendre sur mon lieu de travail.
Je refuse de me faire bousculer par des CRS. Je refuse de me faire
tutoyer avec mépris par des individus que je ne connais pas. Je refuse
d'entendre un vigile insulter un de mes collègues (pourtant munis du
sac en cuir typique de l'enseignant, pourtant plus honorable que moi
dans l'allure avec ses cheveux blancs) en lui disant "J'vais t'fumer
toi, j'vais t'fumer.", Nous ne sommes pas, que je sache, dans un
état policier. Ou alors il faut nous le dire clairement, parce que cela
signifie que les règles du jeu ont changé. Je croyais que l'on avait le
droit de grève dans notre pays. Je crois que ce qui m'inquiète le
plus, c'est de recevoir des communiqués de la Présidence affirmant que
la situation est désormais "normale".
SI CETTE SITUATION EST NORMALE, JE DÉMISSIONNE!
D'autre part, pour permettre l'action des ces policiers, militaires et vigiles,
toutes les sorties de sécurité sont bloquées. Certains enseignants et
étudiants s'obstinent à faire cours dans une ambiance délétère et dangereuse.
Ce qu'ils risquent purement et simplement, en cas d'incendie, c'est de
brûler vifs dans des locaux qui sont déjà vétustes. Je joins à ce message la "Lettre
ouverte à la présidence de Lyon 2" rédigée par des enseignants (datée
d'avant hier 5 décembre et déjà dépassée par les événements d'hier),
ainsi que le dernier message de la présidence elle-même (Nous n'avons pas pu le reproduire), pour que
vous puissiez juger vous-même de la mauvaise foi, du mépris et des ronds
de jambe du langage qui se banalisent dans notre environnement politique
et médiatique.
Ce message est, bien sûr, à faire passer si vous en ressentez le besoin.
Alice Verstraeten
13 décembre 2007
Intervention des CRS sur Lille 3!!!
Le président a décidé le recours à la force pour déloger les grévistes, en profitant de leur absence à la manif cette après-midi pour envoyer les CRS. On compte déjà 3 arrestations. Les forces de l'ordre sont intervenues jusque dans la B.U. pour empêcher les gens de s'y réfugier. Recours à la lacrymo etc.
Quelques grévistes ont décidés de se rapatrier sur Lille 1 aux alentours de 19h pour échanger et discuter de comment réagir face au recours à la milice pour nous déloger. Je (le modérateur du blog) suis arrivé à la fin de la réunion réunissant environ 50 personnes. Les 3 personnes interpelées sont ressorties très rapidement, elles ont juste été emmenées pour "contrôle d'identité".
Apparemment il y avait bien une douzaine de cars au moment de l'intervention et assez de flics pour faire un cordon humain sur tout le forum obligeant au repli en dehors du campus. D'après pas mal de témoins c'était vraiment "la guerre" avec évacuation de force de la B.U., lacrymo et coups de matraques pour tout le monde.
Bref, la conclusion de la petite entrevue de début de soirée c'est {{un rendez-vous 7 heures demain pour le plus gros piquet de grève possible}}. Comme le campus sera à coup sûr une fourmilière de flics, l'objectif est d'interpeler les gens avec tracts, slogans, banderoles, tags (prends tes bombes de peinture et ta carte d'identité) pour qu'ils refusent de rentrer en cours et de cautionner l'état avancé de militarisation du campus (en effet Dupas annonce dès demain une reprise des cours... il a pas peur!).
Bref, matérialiser notre indignation avec les moyens dont on disposera étant donné qu'en face et dès cette nuit (infos vérifiée par l'envoie d'"éclaireurs") une douzaine de cars sont d'ors et déjà planqués dans le parking souterain pour (tenter de) casser la grève de manière définitive.
Appel à la démission du président de Lille3
Depuis l’origine du mouvement étudiant, le président de Lille3 monsieur Dupas s’est montré non seulement hostile à notre mobilisation, mais a également agi à de nombreuses reprises pour contrevenir à notre liberté d’expression. Remettant en cause les décisions de nos AG, même alors qu’elles recevaient l’aval de 1000 personnes, il a communiqué de façon unilatérale et autocratique à travers l’accueil du site de l’université. Ses communiqués non argumentés et médisants à l’égard d’un mouvement qu’il n’a pas jugé utile de comprendre, n’ont jamais donné lieu à un droit de réponse et n’ont jamais cédé la place aux démentis exprimés par des comités d’enseignants ou de personnels. Bien au delà, le vote de ces derniers, approuvé en AG, n’ont jamais été autorisés dans les faits. Sa seule intervention en AG a fait l’objet d’un discours pauvre en arguments dont la seule rhétorique à été d’insulter les étudiants mobilisés de menteurs, avant qu’il ne quitte la salle sans écouter les contradictions que sa prise de parole pouvaient susciter. Lui qui prétend résoudre une situation qu’il juge anormale et remet en cause la démocratie dans nos AG, fait appel à des CRS pour violer l’espace de notre université qui ne devrait être réservé qu’à la diffusion du savoir et à l’expression libre des opinions. Il contrevient ainsi, au même titre que nos gouvernements, aux articles 19, 20 et 26 de la déclaration universelle des droits de l’homme, abuse de sa situation pour s’ériger en potentat et provoque de ce fait une "situation qui démoralise et désoriente l’ensemble de la communauté universitaire". Son intolérance et son incompréhension, son mépris pour l’expression libre et pour la souveraineté du vote font de lui un individu associé au chaos social qui nous touche tous. De ce fait, il est légitime de faire pression pour demander sa démission.
Au cours de l’intervention policière qui a commencé à 17h et s’est poursuivi dans tous le quartier Pont-de-Bois les heures suivantes, il y a eu des arrestations et des contrôles, mais il a été aussi question de l’usage du taser. Si cette info s’avère véridique, il serait indispensable que les éventuels témoins ou la victime elle-même (ainsi que les proches des personnes arrêtées) prennent contact avec la commission juridique de notre mouvement. Actuellement, un camion de CRS stationne au niveau du PC Sécurité de la fac pour parer à un éventuel retour de nos militants. Demain la présence de tous ceux qui se veulent objecteurs de conscience est désirée dés les premières heures de la journée.
Message publié sur Indymédia lille
attaque à coup de matraque
La vidéo du déblocage de Lille3 disponible ici